La terre est mon métier
Publié le 16 Juin 2009
une pluie de coton grésille sous la cloche du jour
les chèvres ont du bon lait, les hommes, du pis-aller
brusque fanfare, tambours de grès
veste calcaire, bonnet cendré
fourbu, je roule sur les articulations karstiques de l’Adriatique en proie à l’enchantement, le vivre ballant
visages anatoliens, touristes italiens, courbures hellènes, lignes aux Balkans
grâce, grâce, grâce et scintillement
grâce, grâce, grâce, érudition
érudition cutanée sous les plis d’un ciel léché,
comme écuelle, jamais lavée
comme ritournelle, toujours lancée
ah ! tiens ! le rire d’un geai, sonore et parsemé
ici, un sanglier, peut-être une laie
je roule sur le jour, la terre est mon métier
je roule sans détours, je n’ai plus de deniers
Retour de Croatie, octobre 2008