Sikasso

Publié le 20 Juin 2009

Les salutations ricochaient à la surface de la gratitude et la moto vrombit en direction de l’autogare.

C’est là que nous fîmes la connaissance de Bourama Keïta, résident de Sikasso, et l’encre diaphane de nos « incertitudes » se colora : nous disposions d’un logis mais également d’une porte ouverte sur Sikasso, son histoire, ses secrets.

Bien que particulièrement chaude, la région de Sikasso est hospitalière et les pluies abondent : manguiers, citronniers, orangers, avocatiers marchent d’un pas égal vers les falaises de sang séché qui ceignent la cité.

Les bandes armées essaiment la région, anciens combattants du Libéria, de Sierra Léone et de Côte d’Ivoire, leurs armes déchirent l’étoffe silencieuse des nuits sikassoises ; aussi voit-on nombre de militaires et hommes de tenue.

Bourama lui-même porte les séquelles d’une agression au coupe-coupe : avant bras déchiré, paume de la main tranchée.

A Sikasso tout se passe sans manière et c’est bien ainsi.

Suspendues à leur long pédoncule, les mangues bercent le jour.

Rédigé par Rag

Publié dans #La litanie des jours

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