Mopti

Publié le 20 Juin 2009

« Allah ouakbar...Allah ouakbar ». Si les oreilles étaient libres d’entendre les incantations, le corps restait cloué au banc qui le recevait et les yeux restaient voilés par la chemise qui barrait l’accès du visage aux moustiques, très présents sur les bords du fleuve Joliba.

Arrivés vers trois heures du matin, et après quelques déconvenues, nous avions résolus de dormir à proximité du fleuve sur les bancs qui, le jour, accueilleraient le postérieur de convives impatientes de petit-déjeuner.

La prière consommait l’aurore, annonçait l’impérieuse nécessité du réveil : Allah ouakbar.

La nuit fut froide et le sommeil consista en pertes de conscience épisodiques, mais aucune chute ne vint cependant le troubler : Allah ouakbar.

Le petit-déjeuner englouti sous le regard suppliant des talibés, nous partîmes à la rencontre de Mopti et de ses habitants.

A Mopti vous trouverez toujours quelques paires d’yeux dévorant votre repas avant même que vous ne l’ayez amené à votre bouche.

Blottie entre les cuisses maternelles du Niger, Mopti haletait, Mopti nous crachait son haleine poussiéreuse, Mopti nous léchait de sa langue de sable.

Les yeux brûlaient, les dents grinçaient, les pores s’obstruaient ; Mopti s’éveillait, étirait ses membres en bourrasques.

D’innombrables campements peuls le long du fleuve indiquent la proximité de la zone sahel et rappellent au sédentaire la simplicité, la noblesse et la dureté du nomadisme.

A 11 heures nous fûmes à Sévaré, quartier résidentiel de Mopti, et après avoir décliné une invitation douteuse, nous louâmes une chambre à l’auberge ; déambulations et repos furent nos auxiliaires.

Demain nous serons à Ségou ; que sa chair ne soit pas rongée par les dents cruelles du tourisme. Est-ce possible ?

 

Rédigé par Rag

Publié dans #La litanie des jours

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