Ségou
Publié le 20 Juin 2009
Sur la vitre chaude et maculée du car s’imprimaient les villages, hameaux de torchis aux formes généreuses, aux mosquées somptueuses.
En gare de San nous prîmes un frugal mais savoureux déjeuner composé de pain brioché et d’eau fraîche.
Arrivés à Ségou nous dûmes marcher quelques cinq kilomètres avant d’atteindre la boutique de Djily Mbaye, tailleur, qui nous conduisit à sa demeure pour y prendre un léger repas, puis il nous emmena jusqu’à la chambre, sorte de débarras, où nous plongeâmes rapidement dans un profond sommeil après avoir installé l’indispensable moustiquaire.
Ce débarras jouxte une chambre occupée par deux Ghanéens qui nous louèrent la richesse, la simplicité et l’honnêteté du peuple ghanéen.
Au réveil nous puisâmes l’eau du bain avant d’entreprendre une marche qui nous mènerait de la périphérie au coeur de Ségou, de l’auberge à la gargote (fonio de rigueur pour 30cts d’euros) et enfin de la gargote au fleuve.
Le fleuve est doux, ses nuances, colliers de grâce aux perles de jaspe.
A un certain point du fleuve se trouve l’embarcadère, lieu névralgique où se concentre l’activité qui relie terre et eaux en un délicieux et perpétuel mouvement de chaudes et insolentes couleurs.
Sur la rive droite, les flancs du Niger se couvrent d’antiques maisons coloniales aux charmes surannés, entre lesquelles fleurissent, termitières improbables, les maisons de banco.
Ségou est douce, ses allées ombragées, pleines de sollicitude.
De nombreux potagers sertis de paille bordent le Joliba tandis que les maisons et entrepôts coloniaux délimitent la chaussée qu’empruntent les badauds en quête de plénitude ... nous étions de ceux-là.
Les martins-pêcheurs profitant de la pénombre papillonnaient, stationnaires, avant de s’abattre lourdement sur les eaux sombres du fleuve et d’y prélever leur butin.
Le ciel desserra ses mâchoires vaporeuses et engloutit l’astre de feu cependant que les chauves souris s’emparaient des lieux.
Il éructa soudainement quelques joyaux de braises et s’endormit, nous en fîmes de même.
Nous serons de retour à Bamako demain en fin d’après-midi.